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Traducteurs professionnels · Avis de la rédaction

Argos Translate avis : traduire sans rien envoyer

argosopentech.com

Argos Translate est une bibliothèque de traduction automatique open source, sous licence MIT, qui tourne hors ligne sur sa propre machine. Elle couvre 50 langues en 100 paquets, dont 98 partent de l’anglais ou y arrivent.

Notre avis sur Argos Translate

Argos Translate convient au webmaster qui sait installer une bibliothèque Python et veut traduire des titres, des étiquettes ou des catégories sans envoyer un seul texte à un tiers. Il est gratuit, sans compte ni quota, et aucune condition d’utilisation ne pèse sur le contenu traduit.

Il convient mal à un site écrit en français qui vise l’Espagne ou l’Allemagne : la traduction passe par l’anglais, en deux étapes. Et sans compétence technique, LibreTranslate, bâti sur le même moteur, offre une interface prête à l’emploi.

Page d’accueil d’Argos Open Tech présentant Argos Translate et ses quatre formes d’usage
Argos Translate

Ce qu’il faut pour faire tourner Argos Translate

Argos Translate s’installe comme un paquet Python, avec Python 3.5 ou plus récent, puis télécharge un modèle par paire de langues. Chaque modèle est une archive au format .argosmodel, distribuée en HTTP ou en pair à pair par IPFS et BitTorrent. Une fois le modèle installé, la traduction fonctionne sans connexion.

Trois façons de s’en servir sont fournies : la bibliothèque Python, une commande dans le terminal et une application de bureau. Pour un catalogue, quelques lignes de Python suffisent à lire un fichier de titres, le traduire et écrire le résultat. Le moteur de traduction est OpenNMT, et des scripts publiés permettent d’entraîner son propre modèle sur un corpus déjà traduit.

Argos Translate passe par l’anglais entre deux autres langues

Sur les 100 paquets de l’index public, 49 traduisent depuis l’anglais, 49 vers l’anglais, et deux seulement relient deux autres langues : portugais vers espagnol et espagnol vers portugais. Un texte français à traduire en allemand passe donc par deux modèles, du français vers l’anglais puis de l’anglais vers l’allemand.

Chaque étape ajoute ses propres erreurs. Un site dont les textes d’origine sont en anglais n’a qu’une étape à franchir. Un site écrit en français en a deux pour toute autre langue que l’anglais, et la différence se voit sur les phrases longues et les tournures familières. Avant de choisir, il vaut mieux faire traduire cinquante de ses propres titres dans la paire visée.

La qualité des modèles d’Argos Translate selon leurs utilisateurs

Les utilisateurs de LibreTranslate, qui tourne sur les modèles d’Argos Translate, jugent leur qualité inégale selon les langues. Dans un ticket ouvert en août 2024, l’un d’eux trouve les traductions allemandes médiocres et le modèle azerbaïdjanais presque inutilisable, un autre juge le norvégien vers l’anglais « assez faible » en janvier 2025. Le mainteneur de LibreTranslate étudie depuis des approches fondées sur les grands modèles de langage.

Les 50 langues d’Argos Translate

L’index couvre les grandes langues européennes et asiatiques, et aussi l’espéranto, le basque, le galicien, l’irlandais, le kirghize, le swahili et le tagalog. Le portugais du Brésil a son propre modèle, à côté du portugais, et le chinois traditionnel le sien, à côté du chinois simplifié. L’espagnol n’a qu’une variante.

Aucun texte ne quitte le serveur

Argos Translate ne contacte aucun service pendant la traduction : le modèle tourne sur la machine qui l’a installé. Il n’y a ni compte, ni conditions d’utilisation, ni politique de réutilisation des textes. Des descriptions de scènes inédites ou des messages de membres restent donc sur le serveur du site.

La licence MIT autorise l’usage commercial sans obliger à publier son propre code. Le logiciel est fourni tel quel, sans garantie.

Qui développe Argos Translate

Le projet appartient à Argos Open Technologies, LLC, la société de P.J. Finlay, développeur installé à Ithaca, dans l’État de New York, qui la dirige depuis 2019. Il occupe aussi un poste d’ingénieur logiciel salarié depuis octobre 2024. Contre paiement, il propose du support, l’entraînement de modèles sur mesure et l’hébergement d’un serveur de traduction dédié.

Le dépôt GitHub, ouvert en avril 2020, compte plus de 6 500 étoiles et a reçu du code en août 2026. La version 1.11.0 du paquet Python est sortie en février 2026. LibreTranslate, l’interface web et l’API construites sur Argos Translate, en reprend le moteur.

Points forts et limites d’Argos Translate

Les points forts

  • Aucun texte envoyé à un tiers, traduction hors ligne.
  • Gratuit, sans compte ni quota, sous licence MIT.
  • Des scripts d’entraînement publiés pour un modèle sur mesure.
  • Le portugais du Brésil en modèle distinct.

Les limites

  • Un passage par l’anglais entre deux autres langues, sauf portugais et espagnol.
  • Une installation et un script à prévoir.
  • Un seul espagnol, sans variante pour l’Amérique latine.
  • Une qualité inégale selon les langues, d’après les utilisateurs.
  • Un projet tenu par une personne, à côté d’un emploi salarié.

Argos Translate face aux autres traducteurs de l’annuaire

LibreTranslate utilise le même moteur et ajoute une API et une interface web, sous une autre licence. Amazon Translate facture 15 $ le million de caractères et garde les textes tant que le refus n’est pas configuré. Pour une page qui doit vendre, Adult Translations fait traduire par des humains.

Sources