
Les méthodes d’AgeGO pour un visiteur français
Un visiteur qui se connecte depuis la France vérifie son âge chez AgeGO par un selfie ou par l’application Yoti, la carte de crédit n’y étant pas proposée. Le parcours prend environ une minute et ne coûte rien au visiteur. AgeGO choisit lui-même les méthodes selon le pays et la réglementation :
| Pays du visiteur | Méthodes proposées |
|---|---|
| France | Selfie, Yoti Digital ID |
| Allemagne, Espagne, Royaume-Uni | Selfie, carte de crédit |
| Italie | Selfie et pièce, Yoti Digital ID |
| États-Unis | Selfie, selfie et pièce |
Pour l’Arcom, AgeGO étiquette « double anonymat » les méthodes qui en respectent les exigences : le prestataire qui vérifie ne sait pas quel site est consulté, et le site ne reçoit que la majorité, sans savoir comment elle a été prouvée. Un site français vérifie que les méthodes affichées à ses visiteurs portent bien cette étiquette.
Le visiteur peut enregistrer sa vérification avec un passkey, un compte Google ou une adresse e-mail, puis se reconnecter sur tout autre site équipé d’AgeGO sans refaire de selfie. Une méthode valable dans un pays peut ne pas l’être dans un autre : en voyage, le visiteur doit parfois se vérifier une seconde fois.
Ce qui se passe pendant le selfie AgeGO
Le selfie est analysé par Amazon Web Services. Selon la description retenue par la KJM, le visiteur passe si la moyenne de la tranche d’âge estimée atteint 21 ans. En dessous, ou si l’estimation échoue, une pièce d’identité est demandée : Klippa la contrôle, puis Amazon compare le visage du document à celui du selfie. Un visiteur de 18 à 20 ans doit donc souvent sortir sa pièce.
La carte de crédit, là où elle est proposée, passe par Shift4 avec une authentification 3D Secure et une transaction de 0 €. Elle refuse les cartes de débit, les cartes prépayées, American Express, Discover et JCB, ce qui écarte beaucoup de jeunes adultes européens.
AgeGO ne garde ni la pièce, ni la carte, ni l’adresse IP. Les images du selfie restent une heure au plus chez le prestataire, et le contrôle de présence réelle fait par AgeGO efface les siennes en quinze minutes au plus. Le compte visiteur conserve une adresse e-mail chiffrée, la date de création, le statut et la méthode utilisée.
Installer AgeGO sur un site adulte
L’ouverture du compte Business est gratuite, mais un administrateur d’AgeGO doit l’approuver avant que le site puisse être créé. Deux intégrations sont ensuite possibles :
- un script JavaScript qui recouvre la page et la floute jusqu’à la vérification, sans travail côté serveur,
- une intégration de serveur à serveur, où le site décide qui envoyer chez AgeGO et lit le résultat signé au retour.
Le site reçoit l’une de trois réponses : 18 ans ou plus, moins de 18 ans, ou impossible à vérifier. La décision d’ouvrir l’accès lui appartient. Il peut aussi ne déclencher AgeGO que pour certains pays, à partir de la géolocalisation de l’adresse IP, et laisser passer les autres visiteurs.
Entre deux sites équipés, un jeton à usage unique, valable quelques minutes, suit le clic et évite au visiteur une nouvelle vérification. Avec ExoClick, ce jeton se prépare tout seul pendant l’affichage de la publicité : un site qui échange du trafic avec d’autres sites de la régie garde ainsi les visiteurs déjà vérifiés.
Combien coûte AgeGO ?
AgeGO ne publie aucun tarif : le prix se fixe dans un bon de commande, en euros, après une demande par le formulaire professionnel. La documentation décrit une facture mensuelle calculée sur le nombre de contrôles, sans dépôt préalable. Les conditions disent au contraire que les frais sont en général payés d’avance, avec une limite de crédit à faire relever. Le bon de commande fixe le mode retenu.
Les sommes versées ne sont pas remboursables, un retard de paiement coûte au moins 2 % par mois, et AgeGO peut résilier le contrat à tout moment, sans motif. Un site qui dépend d’AgeGO pour rester en règle garde donc une seconde solution prête à brancher.
Un repère existe chez AgeVerif, qui propose AgeGO parmi ses méthodes et facture 0,015 € chaque vérification AgeGO réussie.
AgeGO est-il fiable ?
AgeGO est exploité par Age Verification Technology, S.L., société inscrite au registre du commerce de Barcelone, et ses certifications sont publiques : ACCS 1:2025 et ISO/IEC 27566-1:2025 au registre de l’ACCS, et avis favorable de la KJM en juillet 2026. La KJM l’a jugé conforme comme module d’identification, à condition que le site ajoute ses propres mesures de sécurité.
Le 2 septembre 2025, l’association AI Forensics a publié un rapport sur AgeGO, alors utilisé en France par xvideos, xnxx et tnaflix depuis le 28 août. Elle a observé que le flux de la webcam partait directement vers Amazon Web Services et qu’une page impossible à passer imposait une adresse e-mail après la vérification. AgeGO a ensuite nommé Amazon dans sa politique de confidentialité et cessé de collecter l’adresse exacte des vidéos regardées, pour ne garder que le site. L’e-mail est aujourd’hui facultatif.
Le 29 août 2025, 20 Minutes a essayé de tromper six plateformes de vérification. AgeGO a refusé une photo de Brad Pitt trouvée en ligne, mais a validé un selfie flou, pris de profil, capuche sur la tête. Côté visiteurs, la note est basse : 1,9 sur 5 sur Trustpilot avec 104 avis, dont 77 % à une étoile, qui décrivent surtout une caméra qui ne capture pas, un contrôle qui se fige et des cartes de débit refusées.
Les questions des visiteurs sur AgeGO
Google affiche ces deux questions sur la recherche « AgeGO avis », avec celle de la fiabilité traitée plus haut.
Pourquoi AgeGO ne marche pas ?
Le plus souvent, la caméra est bloquée par les réglages du navigateur, un antivirus ou une extension. AgeGO propose alors un QR code pour finir sur le téléphone. Un échec par carte vient d’une authentification 3D Secure non terminée ou d’une carte refusée : débit, prépayée, American Express, Discover et JCB ne passent pas.
Pourquoi reçoit-on un code AgeGO ?
AgeGO envoie un code à usage unique à l’adresse e-mail choisie pour enregistrer sa vérification ou pour se reconnecter. Un code reçu sans l’avoir demandé vient d’une saisie de cette adresse sur une page AgeGO. Le compte se supprime depuis la page « My Account ».
Points forts et limites d’AgeGO
Les points forts
- Un script à poser, ou une intégration serveur pour les grands sites.
- Une preuve d’âge réutilisable d’un site à l’autre, gratuite pour le visiteur.
- Des certifications vérifiables : ACCS, ISO/IEC 27566-1 et KJM.
- Un passage automatique entre sites qui travaillent avec ExoClick.
Les limites
- Aucun tarif public, et deux modes de paiement contradictoires dans les documents.
- Une résiliation possible à tout moment par AgeGO, sans motif.
- Un seuil de 21 ans sur le selfie, qui renvoie les 18-20 ans vers la pièce.
- Pas de carte en France, et aucune carte de débit ailleurs.
AgeGO face à AgeVerif et Yoti
AgeVerif publie ses prix, gratuits pour la plupart de ses méthodes, et propose en France un ticket vendu en bureau de tabac et le portefeuille France Identité, deux méthodes sans caméra. AgeGO compte sur sa base de comptes visiteurs et sur le trafic d’ExoClick.
Yoti, dont l’application sert déjà de méthode chez AgeGO en France, vend aussi sa propre estimation faciale et onze méthodes au total, avec des certifications plus nombreuses mais des prix non publiés.
Incode est une société de vérification d’identité fondée en 2015 à San Francisco.
Lire la fiche Incode →VerifyMy est un prestataire londonien lancé en 2019, qui estime l’âge d’un visiteur à partir de son adresse e-mail, sans caméra ni document.
Lire la fiche VerifyMy →AgeChecked est un prestataire londonien de vérification de l’âge, immatriculé en 2016, qui vise les paysites avec un contrôle fait en arrière-plan au moment du paiement.
Lire la fiche AgeChecked →Yoti est un spécialiste londonien de l’identité numérique, dont la vérification d’âge pour les contenus adultes propose onze méthodes, de l’estimation faciale en une…
Lire la fiche Yoti →